Rosa Candida
Audur Ava Olafsdottir
Mon avis :
Rosa Candida, ou la bouffée d’oxygène venue de l’Islande !
On connaissait de l’Islande les polards à succès d’Arnaldur Indriðason. On découvre désormais avec Rosa Candida le merveilleux univers d’Audur Ava Olafsdottir.
Il s’agit du 3ème roman de cette auteure, couronné de deux prix littéraires dans son pays natal et finaliste en France pour le Prix Fémina et le Grand prix des lectrices Elle 2011.
On pourrait qualifier ce roman de conte initiatique dont la figure centrale est Arnljotur, un jeune homme candide de 22 ans.
Au démarrage de l’histoire, deux grands évènements viennent de se produire dans sa vie : la perte accidentelle de sa mère, dont il était très proche, et l’arrivée également accidentelle de son premier enfant…Il y a de quoi être déstabilisé !
Pour se remettre de tout ça, il décide de commencer un voyage, seul, en destination d’une roseraie mythique située dans un monastère lointain. Libre au lecteur d'imaginer le lieu !
Depuis sa plus tendre enfance, sa mère lui a en effet transmis le goût de ces fleurs et le monastère en question semble être parmi les plus réputé dans le domaine. Quel meilleur endroit rêvé pour planter la Rosa Candida, la fleur préférée de sa mère ?
Et puis le monastère, cela ressemble à un endroit idéal pour réfléchir et décider de son avenir.
Il quitte ainsi son pays, son père, son frère handicapé, sa fille âgée de quelques mois et la mère de celle-ci (qu’il n’a finalement connu qu’un quart de nuit comme il aime à le répéter !)
S’ensuivent des pages pleines de douceur et de délicatesse. Sa nouvelle paternité le titille et les grandes questions sur l’amour et les femmes sont au cœur de ses préoccupations.
L’arrivée à destination de son voyage ne signifie en rien qu’il est arrivé au bout du chemin ! Mais je vous laisse découvrir la suite…
Une vraie parenthèse enchantée, pure et douce, comme on n’en voit que très rarement.
La
pluie, avant qu’elle tombe
Jonathan Coe
Mon avis :
Ah !!! Jonathan Coe !! J’avais oublié que je t’adorais !!
J’ai découvert cet auteur il y a pas mal d’années avec le génial Testament à l’anglaise et la superbe Maison du sommeil.
Mais je ne sais pour quelle raison, je n’ai pas enchainé avec ses autres opus…oubli réparé avec ce roman au titre poétique et énigmatique « La pluie, avant qu’elle tombe ».
Il s’agit d’un roman-confession au caractère très intimiste. Rien à voir avec ce que j’avais pu lire de Jonathan Coe (plus accés sur la critique sociétale), même si on y retrouve bien sa plume et sa façon de faire avancer l’intrigue. Il a le don incroyable de réussir à captiver le lecteur dès les premières lignes.
Rosamond vient de décéder à l’âge de 73 ans. Mais sa voix résonne encore au travers d’un enregistrement audio, adressé à titre posthume à une mystérieuse Imogen que l’on sait aveugle. A l’aide de 20 commentaires de photos (qui constitueront les 20 chapitres du roman), elle laisse remonter les souvenirs de sa vie et de 3 générations de femmes. Il est question de relations complexes mère-fille, de secrets de famille, de non-dits, de souffrances et de joies.
Un roman vibrant d’émotion, sensible sans être mièvre. Un gros coup de cœur !
Eroïca
Kosma Politis
Mon avis :
La Grèce, on en entend beaucoup parler dans les actualités financières ces derniers temps. Mais au niveau culturel et littérature, c’est beaucoup plus méconnu (à part Nikos Aliagas ;-)
C’est donc pour moi une découverte, à la fois de l’auteur (Kosma Politis) mais aussi de l’éditeur (Ginkgo). Pour cela, je tiens à remercier l’opération Masse Critique organisée par Babelio.
Kosmas Politis (1888-1974] est le nom de plume de Taveloudis Paraskevas.
Il est considéré comme la figure représentative de ce que l'on appelle «la génération années trente». Il a écrit cinq romans, dont le plus célèbre avec Eroïca et le Bois des
citronniers.
L’histoire se déroule donc en Grèce, dans une ville qui n’est jamais nommée, mais que l’on sait au bord de la mer. Nous sommes au milieu du 20ème (probablement les années 30). Il est question d’un groupe de jeunes adolescents, un peu turbulents et un peu potaches aussi. Ils s’appellent Loïzos, Alekos ou encore Monica…On sent dès les premières pages comme une espèce de « drame attendu ». Et c’est effectivement ce qui va se passer. L’un d’entres eux va décéder à la suite d’une erreur médicale. Une claque pour ces adolescents. Dans leur esprit, il faut et il doit y avoir un coupable !
Tout le roman est exploité sous la forme du souvenir, intégrant aussi les flous que la mémoire engendre. A vrai dire, c’est flottements et ces flous m’ont parfois fait perdre le fil de l’histoire et il a fallu à de nombreuses fois que je revienne quelques paragraphes en arrière pour me resituer.
En résumé, un livre bien écrit, intelligent, mais qui ne m’a pas transporté outre mesure.
La vie d’une autre
Frédérique Deghelt
Mon avis :
En 1988, Marie a 25 ans, l’insouciance de la jeunesse et la vie devant elle. Elle vient de décrocher son 1er job et décide d’aller fêter cela avec un groupe d’amis.
Lors de cette soirée arrosée, son regard croise celui du bel argentin Pablo. Coup de foudre réciproque…ils termineront la nuit ensemble.
Le lendemain matin, à son réveil, Pablo est à ses côtés. Jusque là, tout va bien, à un détail près : Pablo semble un peu plus vieux que la veille…Normal, nous sommes 12 ans plus tard !! Marie ne se souvient de rien, trou noir !
Mais que se passes-t-il ? Quelle est cette mauvaise blague ? Comment peut-on s’endormir à 25 ans et se réveiller à 37 ans, mariée et mère de 3 jeunes enfants ?
Marie décide de ne rien dire à personne de cette perte de mémoire (un peu gros quand même à mon sens…).
Elle va ainsi mener l’enquête sur sa propre vie, dans l’espoir de comprendre l’origine de son amnésie soudaine. A l’aide de photos, courriers, rencontre d’anciennes copines, famille, Marie tente de comprendre qui elle est devenue. Pas simple de reconstituer le puzzle de 12 ans de vie !
Le roman est plutôt original dans son idée, mais je trouve qu’on tourne souvent en rond. On se doute quand même plus ou moins de ce qui a pu lui arriver et j’ai trouvé parfois que c’était sens surprise.
On se laisse quand même entrainer dans l’histoire et certains passages sont très émouvants (notamment lorsqu’elle cherche les souvenirs de la naissance de ses propres enfants)
Ce roman a été adapté au cinéma par Sylvie Testud avec Juliette Binoche dans le rôle de Marie. La bande annonce qui me donne bien envie :
http://www.cinemovies.fr/fiche_multimedia.php?IDfilm=21453