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Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /2008 11:40

Sur la plage de Chesil
Ian McEwan
septembre 2008
148 pages


4ème de couverture :

«Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible…» Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais en 1962, dans l'Angleterre d'avant la révolution sexuelle, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions et du poids du passé. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment très vite leur nuit de noces en épreuve de vérité où rien ne se déroule selon le scénario prévu. Dans ce roman dérangeant, magistralement rythmé par l'alternance des points de vue et la présence obsédante de la nature, Ian McEwan excelle une nouvelle fois à distiller l'ambiguïté, et à isoler ces moments révélateurs où bifurque le cours d'une vie.


Mon avis :

Ils étaient jeunes, ils étaient beaux, ils sentaient bon le sable chaud...Sauf que l'idylle ne va pas être si romantique que prévue.

2 héros : Florence et Edward, 2 points de vue différents en alternance, 2 milieux sociaux opposés mais un seul but : la Nuit de Noce.

L'auteur va disséquer les sentiments, le passé, les appréhensions des 2 jeunes gens à une époque où le mariage consistait encore à unir deux personnes qui au fond ne se connaissent pas vraiment.

La tension monte au fil des pages jusqu'à l'arrivée inéluctable du moment fatidique. Florence et Edward n'ont finalement qu'un seul tord : ne pas se parler. Le lecteur est lui témoin de cette absence de dialogue et présume dès lors comment vont évoluer les choses.

J'ai beaucoup aimé ce roman même s'il est un peu dérangeant par moment. J'ai un peu moins aimé la fin que j'aurais aimé plus fouillée et plus détaillée...

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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /2008 13:06

Brooklyn follies

Paul Auster

Janvier 2007

363 pages

 

4ème de couverture :

 

Nathan Glass a soixante ans. Une longue carrière dans une compagnie d'assurances à Manhattan, un divorce, un cancer en rémission et une certaine solitude qui ne l'empêche pas d'aborder le dernier versant de son existence avec sérénité.

Sous le charme de Brooklyn et de ses habitants, il entreprend d'écrire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu'il a croisés, rencontrés ou aimés.

Un matin de printemps de l'an 2000, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood, perdu de vue depuis longtemps. C'est ensemble qu'ils vont poursuivre leur chemin, partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies mais aussi et surtout le rêve d'une vie meilleure à l'hôtel Existence... Un livre sur le désir d'aimer.

Un roman chaleureux, où les personnages prennent leur vie en main, choisissent leur destin, vivent le meilleur des choses - mais pour combien de temps, encore, en Amérique ?...

Mon avis :

 

C'est le second roman de Paul Auster que je lis, et je peux dire que mon impression se confirme bel et bien !

Paul Auster va je pense entrer dans le panthéon de mes auteurs chouchous !

 

Peut-être un léger cran en dessous de "la Nuit de l'Oracle", quoique...

Ma légère déception vient du fait que j'attendais que l'histoire démarre avant de comprendre que l'histoire, centrée sur le destin des personnages, était commencée dès les premières lignes.

 

On assiste alors à une galerie de portraits avec des personnages tous aussi attachants et intéressants les uns que les autres. Tous se croisent, se confient les uns aux autres, rêvent, s'entraident...

 

Paul Auster est vraiment un magicien de la littérature. A partir d'histoires simples, de héros ordinaires et parfois pathétiques, il arrive à nous tenir en haleine et à nous transporter dans ses quartiers fétiches de Brooklyn.

 

En lisant Paul Auster pour la 2ème fois, j'ai de nouveau eu un sentiment d'être transportée, de flotter à la frontière entre l'imaginaire et le réel, comme envoûtée. 

 

Essayez, c'est une sensation très bizarre mais un vrai moment de bonheur !!

 

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Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /2008 09:25


Elle s'appelait Sarah
Tatiana de Rosnay
2006
404 pages

4ème de couverture :

Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l’étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l’abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible.
Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv.
Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie changer à jamais.
Elle s’appelait Sarah, c’est l’histoire de deux familles que lie un terrible secret, c’est aussi l’évocation d’une des pages les plus sombres de l’Occupation.
Un roman bouleversant sur la culpabilité et le devoir de mémoire, qui connaît un succès international, avec des traductions dans vingt pays.


Mon avis :

ENORME coup de coeur pour ce roman ! Sensibilité, émotion, Histoire, rythme, culture...Tout y est.

Le roman est construit avec une alternance de chapitres narrant l'histoire de la petite Sarah, déportée en 1942 avec ses parents, et de Julia, journaliste américaine en charge de couvrir la commémoration de cette rafle, la rafle du Vél d'Hiv. Impossible de lacher cette histoire, à la fois si captivante et si effroyable.

Pour ma part (honte à moi...) je ne savais pas ce qu'était le Vél d'Hiv...Et bien il s'agit en fait du Vélodrome d'Hiver, à Paris, où la police française a parqué les juifs dans l'attente de les envoyer dans les camps de concentration.
Les conditions inhumaines nous sont décrites au travers des yeux de la petite Sarah, qui ne comprend absoluement pas la tragédie qui est en train de se jouer.
L'accent n'est cependant pas mis sur la vie des camps de concentration, comme c'est souvent le cas dans les romans traitant de cette période.
Je dirais que le roman est plutôt orienté sur le devoir de mémoire. Je me suis quand même posé une question en lisant ce roman : pourquoi n'ai-je pas appris ce passage de l'histoire de la France lors de mes cours d'histoire à l'école? Certes, ce n'est pas très glorieux pour l'état français... Mais d'autant plus ! Il faut que les gens se souviennent. J'avais vraiment l'impression d'être comme cette journaliste américaine qui découvre toute l'histoire et s'étonne que les français ne sachent rien.

Ce roman m'a vraiment donné envie d'en savoir plus sur cet évènement et la petite Sarah du roman m'a vraiment bouleversé. Ce livre devrait être conseillé au lycéens de terminale lorsqu'ils abordent la seconde guerre mondiale dans leur programme d'histoire...

Le site du roman : http://www.sarahskey.com/

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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /2008 18:18

Où on va, papa?
Jean-Louis Fournier
Août 2008
150 pages

4ème de couverture :
Jusqu à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ?
J'avais honte ? Peur qu'on me plaigne ?
Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c'était pour échapper à la question terrible : « Qu'est-ce qu ils font ? »
Aujourd'hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un ange.
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d'une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d'eux avec le sourire. Ils m'ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait : rien.
Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéficié d'une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j'ai pu rouler dans des grosses voitures américaines.

Mon avis :

Ce roman est un concentré d'émotions et d'humour. Noir, forcément...

Jean-Louis Fournier a joué à la loterie de la génétique comme il aime à le dire, et il a perdu. Deux fois.

D'abord avec Mathieu, son premier fils, diagnostiqué handicapé après quelques mois, puis avec Thomas, son deuxième fils handicapé également. Comment le sort peut-il s'acharner autant sur une même personne? Telle est la question que se pose sans cesse le papa de ces deux petits garçons qui ne liront jamais Tintin, qui ne se marieront jamais, qui jamais ne feront d'études ou ne joueront du piano.

Jean-Louis Fournier ne sombre cependant pas dans la pitié ou le misérabilisme. Non, il a choisi l'humour comme arme ultime à ce coup du destin. Au début, on se demande si on peut rire d'une telle histoire. Et puis oui, finalement, pourquoi ne pas en rire ? L'impertinence de l'auteur nous y invite sans aucun malaise pour le lecteur.  

Un très beau roman, très court, qui permet de relativiser beaucoup de choses...

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